Dans cette histoire ahurissante, le narrateur, un jeune marginal misanthrope, misogyne et sociopathe (il coche toutes les cases du anti-héros par excellence), pose ses valises sous le soleil, au Sud de la Méditerranée, pour prendre du recul suite à une tentative de suicide ratée.
Il atterrit chez Liliane, une adorable vieille dame qui fait chambre d’hôte et se prend d’affection pour ce faux charmeur, en pleine rédaction d’un roman aux troublantes allures autobiographiques.
On découvre ainsi le "doux" projet de vengeance d’un homme déçu et rejeté par la société, un paria mal dans sa peau (et clairement dans sa tête) qui va méthodiquement infiltrer toutes les strates sociales afin d’éliminer tour à tour plusieurs figures féminines représentatives de cette société tant détestée…
C’est une addition salement payée pour châtier la défaite de ce joyeux psychopathe diaboliquement pervers, manipulateur inventif et gouailleur provocateur. Mais ce fut aussi cruellement jouissif d’entendre l’accent et les tournures de phrases si particulières de Raphaël Quenard pour disséquer le cerveau malade de ce monstre moderne.
Bien sûr qu’il faut prendre cette lecture avec des kilomètres de recul et qu’il ne faut absolument pas y voir l’apologie d’une quelconque banalisation des violences envers les femmes. Même si c’est par moment très effrayant de voir la facilité avec laquelle on peut basculer dans une surenchère morbide, cette épopée macabre est tellement poussive et exagérée, mâtinée d’un humour noir grinçant, que l’on arrête rapidement de compter les cadavres pour se demander comment tout cela va bien pouvoir finir.
C’est trash, cynique et dérangeant, ça ne plaira pas à tout le monde mais pour celles et ceux qui ne se lassent pas du phrasé de Raphaël Quenard, avec son argot, ses expressions, son timbre posé comme s’il réfléchissait à voix haute, je recommande vivement d’accompagner le livre par l’audio. Il est excellent dans les monologues, un peu moins vif et plaisant dans les dialogues qui sonnaient parfois faux selon les personnages interprétés, mais qu’importe, ce fut une lecture folle et jubilatoire dans ce qu’il y a de plus horrible à imaginer.
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