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L'astronaute, parti mourir sur la planète rouge - Lemeur, Elham

Mots clés : chronique avis livre sf astronaute

Cinq jeunes gens se réveillent dans une pièce inconnue spartiate, couchés dans des lits flottants. Ils ne savent pas comment ils sont arrivés là, ne se connaissent pas. Plus surprenant, ils peuvent communiquer entre eux sans se soucier de la barrière de la langue alors qu'ils viennent de pays différents (Russie, Corée, Angleterre, France, Liban). Après avoir fait connaissance, ils découvrent qu'ils ne sont plus sur Terre, et carrément plus au moment de leur départ en 2035. Que leur réserve leur mystérieux ravisseur ?

Je n'ai pas réussi du tout à rentrer dans cette histoire, heureusement très courte.

En effet, il manque une bonne relecture pour que le texte ne pique pas les yeux. Buter à chaque page sur des fautes de grammaire ou des phrases compréhensibles mais bancales rend la lecture pénible. En vrac et à gogo : problèmes de concordance des temps, mots en trop ou manquants, usage aléatoire des virgules, défauts de capitalisation sur les gentilés, confusions phonétiques (entre participes passés et infinitifs du premier groupe, entre le futur et le conditionnel, etc.)... Parfois, cela n'est même pas tout à fait juste phonétiquement.

De plus, le langage employé dans les dialogues est extrêmement familier. On peut comprendre que la jeune racaille de banlieue parle le langage de la street (avec traductions de l'autrice pour nous aider... même si "chialer" semble à peine moins familier que "pleurer sa race" !). Malheureusement, tous les personnages semblent avoir le niveau de langue d'un enfant de primaire, y compris l'I.A. et les extra-terrestres : élisions quasi systématiques ("t'as" au lieu de "tu as"), omissions des particules négatives ("tu vas pas" au lieu de "tu ne vas pas"), usage de vocabulaire populaire ("pif", etc.) et surtout discours truffé de tics verbaux tels qu'onomatopées (pfiou, hum...) et interjections (eh bien, mouis, wo-wo-wo... La palme revient à "bah" que j'ai relevé pas moins de treize fois).

Pourquoi est-ce que je parle autant de la forme avant même de parler du fond ? Parce que cela m'a complètement empêchée de rentrer dans ma lecture.

L'histoire donc mêle en vrac téléportation et voyage temporel, modification de génome (sur des hologrammes virtuels, je me demande bien comment ça marche...), traducteur universel (agissant directement sur le cerveau ?) et vêtements anti-gravité (techniquement, ils créent de la gravité artificielle plutôt que l'inverse mais on n'est plus à ça près). Sans oublier cinq jeunes Terriens disparates à l'extrême, une I.A. éveillée, un droïde qui donne des cours en latin à des hybrides humains-poissons multicolores, mutants et xénophobes mais aussi suprêmement intelligents grâce à un nuage de particules...

L'autrice a laissé libre cours à son imagination débordante. D'ailleurs, elle profite de l'avant-dernier chapitre pour en rajouter une couche en donnant des explications pseudo-scientifiques superficielles mais malgré tout indigestes.

Le problème, c'est que même en faisant preuve de suspension d'incrédulité, le tout sonne très artificiel. Les dialogues sont forcés, les personnages y racontent souvent leur vie bien trop en détail. Je n'ai pas réussi à développer la moindre empathie pour les personnages, dont les réactions peu naturelles contrastent avec les suppositions éclairées.

Bref, c'est bourré d'idées, mais ce n'était clairement pas pour moi. Dommage, car la couverture était jolie...

Editeur : * Auto-édition
Année de publication : 2025
Nombre de pages : 155
Langue originale : Français
ISBN 13 : 978-2-95941573-9
ISBN 10 / ASIN : 2959415736
Prix : 2,99
Devise : €
Format : Kindle Amazon
Autre format disponible : Papier
Illustration principale

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