Avraham est promu chef de la section homicides de la police à Holon et est appelé pour sa première enquête. Une femme a été retrouvée morte dans son appartement, assassinée. Lorsqu'il entre sur la scène de crime, il reconnait la victime. Elle avait porté plainte pour viol et son agresseur est à présent en prison. Le meurtre a-t-il un lien avec ce viol ? La famille du coupable a toujours réfuté l'accusation en arguant que la victime était consentante. Y a-t-il eu vengeance ?
L'enquête d'Avraham ne se passe pas comme il le souhaitait pour ses débuts en tant que chef. Il cache des éléments à son équipe, peine à faire confiance et à déléguer. Il est également sur la défensive lorsque sa hiérarchie lui demande de négliger la piste d'un policier qui aurait été vu quittant l'appartement du crime. Les certitudes ne sont pas son fort et, sur cette affaire, son esprit apparaît particulièrement confus. Il a du mal à démêler la pelote de ses pensées pour tirer sur le bon fil.
Dans le même temps, ailleurs dans la ville, Mazal s'étonne du comportement de son mari. Il est distant, s'agace pour des choses insignifiantes, s'absente inexplicablement. Cela fait remonter des peurs en elle qui ont surgi depuis la nuit où en voyage d'affaires un homme l'a violée, un homme qui n'a jamais été identifié. Elle tente de comprendre ce qu'il se passe dans la tête de son mari et échafaude des hypothèses à partir du peu qu'elle sait, sans lui confier ses angoisses.
Avec sa double intrigue, Dror Mishani maintient ses lecteurs dans un trouble constant alors même que nous comprenons rapidement ce qu'il s'est passé. La question est : comment la police va-t-elle parvenir à la bonne conclusion ? Les doutes d'Avraham sont aussi nos doutes car il règne une atmosphère d'entre-deux en permanence. L'exercice est subtil : tout repose sur l'interprétation des uns, des autres, des lecteurs. Il n'y a pas de mensonges, que des demi-vérités ou des mensonges par omission. Une façon de faire que l'auteur pousse jusque dans la vie privée d'Avraham, dont la compagne arrivée des Pays-Bas est la seule dans le roman à appeler un chat un chat face à un amoureux fuyant.
Sans effusion de sang ni rebondissement tous les chapitres, Dror Mishani parvient à capter notre attention de façon hypnotique. Impossible de lâcher le livre tant les ressorts du suspense et du mystère sont tendus à l'extrême. L'auteur maîtrise très bien l'art du roman psychologique. Il reste toutefois des zones d'ombre qui auraient gagné à être un peu plus dévoilées, des attitudes qu'on aimerait avoir vu expliquées. Mais il faut accepter aussi que les fameux doutes du titre persistent jusqu'à la dernière page, nous laissant dans une zone grise, aussi grise que notre humeur à la lecture de ce roman où règnent le désespoir et la solitude. C'est un bon roman, à lire au bon moment.
Cette page est une version simplifiée pour les robots. Pour profiter d'une version humaine plus conviviale, cliquez ici.