Pendant Koliada (l'équivalent slave de la période de Noël), Roman est toujours de mauvaise humeur. Il évite sa famille et rumine dans son coin, d'autant que ce sont ses trois jours annuels de congés.
Pourtant, cette année, pas moyen de rester tranquillement chez lui. Il y a d'abord ce garçon en piteux état qui vient s'écrouler près de sa porte, réclamant un sanctuaire. Accordé, évidemment. Il est suivi de près par un groupe de mercenaires ferment décidés à repartir avec le gamin, qu'il le veuille ou non, coûte que coûte. Ce n'est pas un prêtre de rien du tout qui vit en ermite au fond des bois qui va les arrêter.
C'est du moins ce qu'ils pensaient, mais ils sont vite forcés de revoir leur opinion. En effet, Roman est le Volhv Noir, au service du dieu Tchernobog : le Dieu de la Destruction, des Ténèbres et de la Mort, la Flamme Noire, le Froid Ultime, la Fin de Toute Chose ! Et ils sont sur sa terre consacrée...
Nouvelle série d'Ilona Andrews, Les Chroniques de Roman prend place dans le même univers, voire la même zone géographique, où évolue déjà l'héroïne Kate Daniels. Nul besoin pourtant de connaître cette série-là pour s'y retrouver, cela se lit totalement indépendamment. C'est un monde dans lequel des vagues de magie mettent régulièrement à mal la technologie, ayant ainsi fait du fantastique un élément quotidien. Les croyances y prennent vie, et c'est ainsi que des dieux innombrables y ont trouvé leur place, portés par la foi des néo-païens.
On plonge directement dans l'action et le rythme ne retombe pas puisque l'affrontement dure quasiment tout au long de l'ouvrage, avec quelques pauses quand les assaillants changent de stratégie. C'est ainsi qu'aux snipers succèdent les mages, puis des prêtres ténébreux, et comme Roman ne se laisse pas faire et utilise lui aussi ses pouvoirs, invoquant son dieu tutélaire, on a droit à une explosion de magie offensive en tout genre.
Heureusement, il n'y a pas que de l'action, mais aussi tout un contexte dans lequel on s'immerge avec délice. La mythologie slave ne m'est pas familière et j'ai pris plaisir à en découvrir les aspects, même si on est un peu noyés sous les termes exotiques au début (mais rassurez-vous, tout est expliqué et il y a un glossaire en fin d'ouvrage pour répertorier les informations). Roman est un personnage intéressant, avec un passé qui le hante, pas forcément satisfait de son sort mais l'assumant de bonne grâce : il faut bien que quelqu'un le fasse, et mieux vaut que ce ne soit pas une personne assoiffée de pouvoir, donc il convient tout à fait. Et après tout, son dieu n'est pas un dieu maléfique, malgré ses titres impressionnants, mais plutôt un dieu nécessaire qui assure l'équilibre, même s'il se montre souvent violent et colérique. Roman a un bon fond, et n'hésite pas à recueillir toute une ménagerie de créatures bizarres échouées dans ses bois, ou à donner un coup de pouce (en rechignant un peu quand même) dans les disputes de couple opposant parfois son "patron" et l'épouse bien-aimée de celui-ci, Morena, déesse de l'Hiver et de la Mort.
Un seul problème : le livre est assez court, donc une fois plongé dedans on en ressort assez vite ! C'est un excellent roman qui plaira aux amateurs du duo d'auteurs, mais aussi à tous les lecteurs d'urban fantasy en général.
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