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Le serment (Le serment) - Gabella & Bourgoin

Mots clés : chronique avis bande dessinée bd européenne serment docteur vampire transformation thriller gangster

« Tant que le soleil brillera, tout ira bien. Mais dès que la nuit tombera, je changerai. Vous n’avez qu’une journée pour empêcher cela. » Ce résumé donne immédiatement le ton et nous propulse au centre de l’intrigue, en faisant peser sur nous la même urgence que sur les personnages. On ressent presque l’obligation de dévorer la bande dessinée, avant que le chasseur de vampires ne bascule. La tension du récit devient aussi la nôtre, au même rythme que celle du docteur.

Nous suivons un père de famille fraîchement licencié de l’hôpital où il exerçait. Alexandre. Lui qui avait juré de sauver des vies se retrouve, par nécessité, à soigner une toute autre patientèle. Pour subvenir aux besoins des siens, il doit désormais réparer les corps de gangsters, de petites frappes et de criminels endurcis. Une seule règle lui permet de rester en vie au milieu de ce monde dangereux : LE PROTOCOLE.

Le Protocole est mis à rude épreuve lorsqu’un homme étrange, Zacharie, apparemment indemne, pénètre dans son atelier et lui ordonne de le soigner. Le médecin vacille en découvrant que le fantastique peut exister et qu’il doit empêcher cet homme de subir une transformation imminente. 

Le récit nous plonge dans le même doute qu’Alexandre, le médecin. Comme lui, on hésite à croire Zacharie : est‑il simplement fou, ou dit‑il vrai ? Les vampires existent‑ils réellement ? Cette incertitude nous accompagne longtemps, attisant la curiosité et renforçant l’envie de tourner les pages avant que la nuit ne tombe… pour nous aussi.

La BD plonge dans une atmosphère sombre, où chaque couleur semble choisie pour refléter l’angoisse et la peur qui traversent les différentes parties du récit. La palette nous entraîne littéralement dans la pénombre. Le ton est glacial. On ressent la colère dans les dialogues, mais aussi une peur sourde qui s’insinue à chaque page. Le thriller est parfaitement maîtrisé, d’autant que le scénario repose presque entièrement sur la force des illustrations. Contrairement à ce que l’on pourrait attendre d’une histoire de transformation vampirique, cette bande dessinée bouscule nos repères. Ici, le vampire n’a rien de la chauve-souris traditionnelle : il se rapproche plutôt d’un reptile. Et selon le point de vue, les reptiles peuvent être bien plus féroces que les chauves-souris… un choix qui assombrit encore davantage le récit.

Au final, cette bande dessinée nous entraîne dans un suspense haletant où la frontière entre réalité et folie se brouille à chaque page. En suivant Alexandre, on partage ses doutes, ses peurs et cette urgence oppressante qui ne cesse de monter à mesure que la nuit approche. L’œuvre revisite le mythe du vampire avec une audace rare, en le réinventant sous une forme reptilienne qui renforce encore la menace et l’étrangeté du récit. Portée par une ambiance visuelle glaçante et un rythme parfaitement maîtrisé, cette BD nous tient en apnée jusqu’à la dernière case. Une expérience troublante, captivante, qui continue de nous hanter bien après avoir refermé le livre.

Editeur : Glénat
Lien présentation éditeur : https://www.glenat.com/glenat-bd/le-serment-9782344045213/
Année de publication : 2026
Nombre de pages : 134
ISBN 13 : 978-2-344-04521-3
ISBN 10 / ASIN : 234404521X
Prix : 24
Devise : €
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