Le printemps d'Helliconia a remporté le prix de la British Science Fiction Association 1982 et le prix John W. Campbell 1983.
Helliconia est une planète bien singulière, car elle se trouve dans un système binaire : elle tourne autour d'une petite étoile, Batalix, qui tourne elle-même autour de la géante Freyr sur une orbite très elliptique. Cette situation n'est pas sans conséquences sur son climat. Plus Helliconia est proche de Freyr, plus sa surface est chaude ; à l'inverse, plus elle en est loin et plus elle est froide. La planète connaît ainsi des saisons qui durent des centaines d'années, suffisamment pour que les civilisations humaines qui voient le jour au printemps et connaissent leur apogée à l'été tombent dans l'oubli lors de l'hiver glacial qui s'ensuit inexorablement et redonne l'ascendant aux phagors, ces créatures à tête de taureau qui constituent l'autre espèce pensante de la planète. Mais même sur Helliconia, l'hiver a une fin…
Le printemps d'Helliconia est un roman très ambitieux. Il ne s'agit pas pour Brian Aldiss de raconter une histoire, non : ce qu'il veut, c'est créer un monde. Et il ne fait pas les choses à moitié, comme en témoignent les remerciements à la fin du livre où il nomme les scientifiques qui lui ont apporté leur aide dans des domaines aussi divers que l'astronomie, l'anthropologie, la géologie ou encore la philologie. Le récit est fréquemment entrecoupé de commentaires fort doctes sur des sujets aussi variés que le cycle de vie des tiques des phagors, les différents calendriers utilisés par l'humanité, la vie après la mort dans les profondeurs de la planète, ou encore les phénomènes climatiques qui bouleversent les écosystèmes d'Helliconia au fur et à mesure qu'elle se rapproche de Freyr.
Au milieu de ce foisonnement de détails, l'intrigue du roman (ou les intrigues, puisqu'une sorte de prologue occupe le premier quart du livre, le gros du texte prenant place quelques générations plus tard) apparaît comme une préoccupation secondaire d'Aldiss. Ses personnages évoluent toujours à une certaine distance, même lorsque le contenu de leurs pensées nous est dévoilé, car ils apparaissent principalement comme des briques de l'écosystème d'Helliconia dont les changements conditionnent en grande partie leurs actions, qu'ils soient humains ou phagors. En ce sens, la présence d'une station spatiale terrienne en orbite autour de la planète pour l'observer apparaît comme une sorte de méta-commentaire.
Le printemps d'Helliconia est de ces livres qui fourmillent d'idées… presque trop pour leur propre bien. Sa lecture n'est pas forcément aisée, mais elle est très stimulante intellectuellement et offre des pistes de réflexion sur tout un tas de sujets. Difficile de ne pas penser à l'actualité en lisant la description de catastrophes engendrées par un réchauffement trop brusque, même si les Helliconiens ont au moins l'excuse de ne pas en être responsables et de ne rien pouvoir y changer.
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