Les deux Familles de time-hoppers ne s'entendent pas, ce qui s'explique assez bien puisque la fondatrice de la seconde, Annalisa Dalla Costa, a quitté le groupe de départ mené par Edouard Malaterre en emportant des objets précieux. Toutefois, depuis la signature d'un traité de non-agression élaboré sous le contrôle de Raja Prakash, qui assure la sécurité des deux Familles, les relations se sont un peu apaisées. Au début de l'histoire, toutefois, la situation est sur le point de changer.
D'abord, les sources auxquelles les membres des Familles se connectent pour se "recharger" en temps et ainsi éviter le vieillissement semblent disparaître l'une après l'autre. Ensuite, quelqu'un vole le téléphone portable et le sablier d'Anton Ristovski Malaterre, pendant qu'il accédait en urgence à sa source au Cameroun. Comme c'est ce sablier qui lui indique combien de temps il a gagné en se connectant, le vol est loin d'être anodin, et suppose l'action de quelqu'un qui savait à quoi servent ces objets. Enfin, pendant qu'il attendait Anton au Nouveau-Mexique, le dirigeant des Malaterre, Omar Boukkari Malaterre, est assassiné d'une balle en pleine tête.
C'en est trop, et Corenthin Saint-Prix Malaterre est convaincu de la culpabilité des Dalla Costa, avant d'incriminer Anton, puisque c'est de son téléphone qu'étaient partis les messages donnant rendez-vous à Omar.
L'histoire commence sur les chapeaux de roue, et le rythme ne faiblit guère tout au long du roman. Celui-ci est divisé en deux parties, la première concentrée sur les Malaterre, les points de vue alternant entre ses différents membres ; la seconde est consacrée aux Dalla Costa, et surtout la créatrice de la Famille, Annalisa. Les personnages m'ont plus ou moins intéressée : autant Annalisa, Corenthin ou Raja m'ont paru fouillés et crédibles, autant Lizzie ou Howard m'ont semblé définis à grands traits, sans réelle profondeur, n'être là que pour faire avancer l'intrigue. J'ai ressenti quelque chose de comparable avec Anton et Chloé, ce qui pourrait être plus gênant, du fait qu'ils sont les protagonistes de l'histoire.
Ce n'est pas si gênant, toutefois. D'une part, parce que l'action est quasiment incessante, et que je ne me suis pas ennuyée une minute, quel que soit le personnage acteur de l'intrigue à ce moment-là. D'autre part, parce que la théorie exposée par l'auteur sur la nature du temps et de la réalité m'a beaucoup intéressée, elle. Enfin, parce que même ceux qui croient être complètement initiés et aux commandes le sont bien moins qu'ils ne le croient. De ce fait, leur aspect un peu "transparent" sert plutôt le propos de l'auteur.
En somme, un roman parfaitement recommandable, distrayant et plus savant qu'on ne pourrait le croire à première vue, magnifiquement illustré en couverture par Aurélien Police.
Cette page est une version simplifiée pour les robots. Pour profiter d'une version humaine plus conviviale, cliquez ici.