Entre son banquier (Pierre-Gilles Gagnepain, avec un nom pareil vous êtes dans le bain) qui l’enjoint de se reprendre financièrement et ses copains de comptoir du Select (le genre de bar PMU tout sauf sélectif) qui le charrient, notre narrateur se voit contraint de repartir à l’aventure pour donner suite à son premier succès, Roman fleuve.
Tout en éclusant bières sur bières, la bande de copains refait le monde, se chambre, rigole et dévie finalement sur une idée des plus sérieuses : Philibert Humm doit suivre les traces des hobos (et non pas des bobos comme certains pourraient s’y méprendre). Incarnation type de l’aventurier libre d’esprit et de mouvement, ces voyageurs clandestins parcouraient les États-Unis, vers la fin du XIXème, allant de ville en ville en se cachant le plus souvent dans des trains de marchandises.
Jouer les vagabonds du rail en se référant aux romans de Jack London, de Kerouac ou de Jim Tully, oui ! Mais pas seul ! Qu’à cela ne tienne, Philibert fait appel à un vieil ami (breton qui plus est) toujours partant pour l’aventure (et la bagarre). Véritable tête brulée, au physique solide et avec un langage de charretier diagnostiqué Gilles de la Tourette, Simon de son doux prénom, se joint avec son baluchon à Philibert pour notre plus grand bonheur et de franches parties de rigolades à leurs dépens.
Mais dans ce livre, on ne fait pas que rire. Même si les digressions, les commentaires ironiques, les petits dessins et les notes de bas de pages référencées par l’auteur sont tout autant d’ingrédients essentiels à cette comédie d’aventure très divertissante, elle est aussi culturellement enrichissante tant sur la géographie des lieux franchouillards traversés que sur les mœurs et coutumes gastronomiques locales (nostalgie débloquée avec la fête votive de Remoulins).
C’est surtout bourré de malice, de clins d’œil et de réparties qui ne me font pas regretter un instant d’avoir pris mon billet pour Roman de gare. Parce que même si l’intrigue tourne en eau de boudin et peut donner l’impression au lecteur de se faire débarquer avant la fin, en ce qui me concerne, je reste très friande de ce genre d’épopée moderne, légère et loufoque, remplie de gags à répétition et de clichés efficaces pour me faire tourner les pages et passer un bon moment.
Hâte de voir comment l’auteur, en digne successeur de Sylvain Tesson (qu’il salue et de mémoire côtoie rapidement dans Roman fleuve), va tourner à la dérision sa prochaine aventure. Surtout si, comme j’ai cru l’apercevoir en grand format, il se risque au polar (et n’est pas Jacky Schwartzmann qui veut) !
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