Mêlant aviation et Histoire, ce premier tome introduit deux frères, Ludwig et Reinhold, pilotes pour l’armée allemande durant la Seconde Guerre mondiale.
Si les deux frangins s’apprécient mutuellement, leur père, lui-même ancien pilote lors de la Première Guerre mondiale et proche de Göring, affiche clairement sa préférence pour Ludwig, cet as de la Luftwaffe qu’il adule, tandis que Reinhold, de santé fragile, est sans cesse méprisé.
La tendance semble néanmoins s’inverser lorsque Reinhold, surnommé Rhino par ses camarades (pour une raison obscure potentiellement en lien avec son avion, une femme, ses problèmes de santé ou les trois à la fois), commence à enchainer les victoires lors de combats aériens menés sur les tanks soviétiques du front Est.
D’autant que pendant ce temps-là à l’Ouest, Ludwig, basé à Guernesey, tombe amoureux de Violet, une Britannique qu’il décide d’épouser rapidement en dépit des origines juives de la jeune femme… ce qui ne devrait pas être vu d’un très bon œil par son nazi de père.
Ce que ce dernier ne sait pas en revanche, c’est que pour tenir la cadence infernale des heures de vol, Reinhold enquille les tubes de Pervitine, les fameuses « wunderpill » à base de méthamphétamine pure prescrites par l’armée allemande à ses soldats afin de combattre la fatigue.
Une médecine efficace qui n’est évidemment pas sans risque ni sans effet secondaire. Outre les jours sans dormir qui s’accompagnent de vertiges et d’hallucinations, le frère cadet développe une forte dépendance qui l’amène dans des épisodes délirants où souvenirs et réalité se confondent… jusqu’à en perdre la raison ?
Si toutes les réponses ne sont pas apportées à la fin de ce premier tome, je suis pourtant agréablement surprise par cette lecture que j'avais choisie davantage pour son attrait historique que pour l’univers d’aviation ou de stratégies militaires abordés (et dont les termes et sigles m’ont un peu perdu par moments).
L’imbrication d’une intrigue familiale complexe entre un père despotique et tortionnaire, un frère idéalisé et une mère noyée dans la décadence et l’opium apporte une dimension disons plus humaine et sensible à un scénario classique d’action, de guerre et de batailles.
Les dessins sont particulièrement réussis à tous les niveaux, que ce soit pour les décors, les détails des uniformes, les modèles d’avions, les scènes de tirs jusqu’aux expressions sur les visages, les regards lourds de sens ou les corps magnifiés dans des scènes plus suggestives.
Tout n’est pas parfait (le découpage est assez rude et la transition au tome suivant trop soudaine et précipitée) mais c’est une série prometteuse réalisée par Yann (à qui l’on doit notamment les univers de Thorgal) et Julien Camp (passionné de dessin et d’aviation, on comprend mieux) et accessible à tous (je pense que je n'étais clairement pas le public visé et pourtant, sortir de sa zone de confort parfois c'est surprenant et plaisant).
J’espère que les prochains tomes ne tarderont pas trop à suivre tant il y a eu de questionnements dont je suis impatiente de connaître les réponses !
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