Arnaques et coup fourrés font le quotidien de Claude de Horville, qui a ainsi acquis fortune et titre de noblesse. Les bassesses ne lui font pas peur, le sang qui coule non plus.
Son passé lui revient en pleine figure quand une jeune Bohémienne, dont il a assassiné les parents dix ans plus tôt, les maudit son frère et lui : elle ne leur laisse que mille verbes avant de mourir ! Voir son complice Jacques décéder brutalement en plein récital de poésie après le millième mot déclamé bouleverse Claude.
Effaré, le malfrat se lance sur les trousses de la Bohémienne pour se débarrasser de la malédiction et se venger. Sans oublier de compter ses mots et d'en dire le moins possible, avec un décompte qui le rapproche inéluctablement de sa fin...
A travers les aventures rocambolesques de Claude, nous plongeons dans un XIIIe siècle cru et brut. Claude est un héros passablement antipathique, une crapule qui abuse de la crédulité de ses victimes par sa gouaille et son charme, une fripouille qui profite et ne montre aucun remord. Lui-même peut également être victime de méchants tours, et on découvre son parcours incroyable, où il se montre tantôt incisif et tantôt résigné, tantôt vaurien et tantôt paisible. Autour de lui, le monde ne s'arrête pas, c'est l'Histoire qui se joue, les années défilent sur fond de révolution et de renversement des pouvoirs.
La patte graphique d'Alexandre Decrauze est frappante. Les dessins sont sombres, un peu flous, avec parfois un côté onirique. Ils suggèrent plus qu'ils ne montrent, et on ne comprend pas toujours tout ce qu'il se passe. L'auteur s'amuse à nous perdre, par son intrigue entremêlant passé et présent et par ses dessins un peu confus. Les personnages sont moches (et en premier lieu le héros que ses connaissances n'appellent pas "la Pustule" pour rien !), à l'image de la noirceur de leur cœur.
L'approche est originale et percutante, les traits troubles et saisissants, pour une BD avec du caractère qui se démarque assurément et ne laisse pas indifférent !
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