Il y a six ans que Gayle s'occupe de la petite Carolyn, fille de Curtis Hansen dont la mort a été annoncée par les Espagnols suite aux aventures relatées dans le tome précédent. Toutefois, Gayle n'hésite pas à quitter Londres pour Paris quand son parrain, le duc de Sully, l'appelle d'urgence. Malgré sa diligence, elle arrive trop tard pour sauver la vie d'une jeune femme qui lui ressemble de façon troublante. L'examen de son cadavre révèle la présence de curieux signes et tatouages. Quand elle présente son rapport au duc, celui-ci lui en dit davantage sur la situation, inquiétante en ce que le roi Henri IV écoute de moins en moins ses conseils, prévoit de se lancer dans une aventure militaire coûteuse, inutile et qui ne peut qu'augmenter encore le nombre croissant des ennemis, tant extérieurs qu'intérieurs, qui menacent sa vie.
Et encore le bon ministre ne sait-il pas tout ! Lors de son entretien avec l'évêque de Paris, Henri de Gondi, Gayle entend avec incrédulité que le complot contre la vie du roi fait partie du combat millénaire du bien contre le mal, où s'affrontent mages blancs et mages noirs. La jeune femme ne sait pas si elle doit ajouter foi aux dires du grand seigneur, qui avoue lui-même ne pas tout savoir, et encore moins quant au rôle joué par Pierre Dujardin, mercenaire possiblement immortel que Gayle a rencontré le jour même, et qu'elle a vu retourner sa veste déjà plus d'une fois.
Ce roman haletant pourrait bien s'intituler Chronique d'une mort annoncée, comme le célèbre roman de Gabriel Garcia Marquez, même si l'intrigue en est bien sûr toute différente. En effet, Gayle malgré tous les indices et rebondissements précédents, et tous ses efforts, ne pourra pas éviter le régicide commis par Ravaillac. Le fantastique y prend une place grandissante au fil de l'histoire, qui ramènera notre intrépide héroïne sur l'océan, mais la conduira cette fois vers l'est et Manille, où Curtis Hansen, apparemment toujours vivant, serait emprisonné. Les deux parties du roman, entre Paris et l'Orient, s'articulent à la fois autour du surnaturel et des personnages de Gayle et Dujardin, et il faut une fois de plus saluer le talent des illustrateurs qui ont su à merveille synthétiser l'histoire en une image. Certains personnages secondaires font leur retour, et on en voit passer un autre, héros d'un roman célébrissime de Dumas qui, pour être enfant à cette époque, est déjà ambitieux...
L'auteur multiplie les clins d'œil au lecteur, tant par ses références culturelles, que par ses multiples adresses au dit lecteur. Certes, son objectif est clairement d'utiliser les codes du roman d'aventures de cape et d'épée, et/ou maritimes, dans un but de divertissement mais je ne suis pas sûre d'apprécier, en tant que lectrice, que l'auteur ne fasse pas au moins mine d'ignorer mon existence. Cela dit, ce n'est qu'un léger bémol en ce que d'autres n'en seront sans doute pas dérangés. Je voyais venir de loin d'un des rebondissements, et le final ne m'a surprise qu'à moitié, mais du coup je m'attends à un tome suivant, que je lirai sans doute avec plaisir, agacement ou pas.
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