Pour Dan Sylveste, seule compte sa recherche. Depuis qu'il est sur Resurgam, cet avant-poste reculé de la civilisation seulement connu pour les ruines qu'il contient des Amarantins, Dan veut résoudre le mystère de cette antique civilisation, apparemment disparue dans un cataclysme des centaines de milliers d'années plus tôt. Accessoirement, il ne perd pas de vue cette étoile neutronique présente dans le même système solaire que Resurgam, et qu'il aimerait bien explorer aussi. Mais ses ambitions et son étroitesse de vues ne sont pas du goût de certains de ses collègues, aussi est-il arrêté.
Ana Khouri, échouée sur Yellowstone suite à une erreur administrative qui l'a de plus séparée de son mari, gagne sa vie en tant que tueuse à gage, utilisant ainsi les talents acquis pendant sa carrière militaire. Elle est embauchée par une mystérieuse "Demoiselle", dont elle ne verra jamais le visage, pour se rendre sur Resurgam et y tuer Dan Sylveste. Afin de s'y rendre, elle devient membre de l'équipage du gobe-lumen Spleen de l'Infini, qui se dirige vers Resurgam. Elle porte dans sa tête une simulation de la Demoiselle, qui la dirige et la protège du processus d'implantation de loyauté mis en place par le triumvirat du vaisseau.
Elle ne le sait pas encore, mais le capitaine de ce vaisseau est maintenu au froid en attendant que Sylveste, qui l'a déjà soigné, parvienne à le guérir, peut-être, du virus qui le ronge en se nourrissant de tous les systèmes électroniques avoisinants. Pendant la plus grande partie de son séjour à bord, elle n'aura affaire qu'à Ilia Volyova, l'une des membres du triumvirat qui dirige le vaisseau. Celle-ci est fascinée par les armes que recèle ce vaisseau, héritées d'une civilisation disparue, comme maintes autres, et essaie de trouver un moyen de connecter Khouri à l'armurerie sans la rendre folle, ce qui est arrivé à son prédécesseur, obsédé par un mystérieux "Voleur de Soleil" et hanté d'atroces cauchemars.
Ce roman se déploie sur des étendues de temps et d'espace quasi infinies, et cela n'a pas aidé ma lecture. Le point de vue passe de Dan à Khouri ou Volyova, parfois dans le même chapitre, avec bien sûr les changements de décor, et de temps, correspondants. Cela n'aide ni à suivre les différents fils de l'intrigue, ni à s'attacher aux personnages, d'autant que fort peu d'entre eux sont sympathiques, et qu'ils passent une bonne partie de leur temps à se haïr ou se tromper mutuellement. Il est arrivé un moment où ces couches de complexité sont devenues contre-productives pour moi, en ce que j'avais davantage envie d'abandonner ma lecture que de la poursuivre. Se sont rajoutés certains flottements de la traduction, ou de l'édition, où un "milliard d'années" à une page devient un "million d'années" à la suivante par exemple.
Je ne regrette pas pour autant d'avoir persévéré. D'abord parce qu'Alastair Reynolds est l'un des auteurs majeurs actuels dans le domaine du space-opera, et que ce cycle de grande ampleur est devenu un classique du genre. Ensuite parce que j'ai très souvent admiré l'ampleur cosmique qui a pu me gêner à d'autres moments. Enfin, parce que l'entremêlement permanent de ce qui est humain et ce qui est électronique est une interrogation toujours très actuelle, malgré le quart de siècle écoulé depuis l'écriture du roman. L'auteur tire habilement les conséquences de ce mélange, puisque dans son roman les Ultras, qui sont presque davantage "machines" qu'humains, ont d'une certaine façon leur propre civilisation, ou en tout cas sont difficilement compréhensibles pour les humains version 1.0.
En somme, un gros roman touffu, d'une lecture pas toujours facile, qui plaira aux amateurs et amatrices du genre prêt.es à se lancer dans une aventure au long cours, puisque c'est le premier tome d'une série de huit.
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