1934, dans une rame du métro parisien, un homme est retrouvé mort avec un étrange couteau planté dans le cou. Le commissaire Bornec est appelé sur les lieux, personne n'a rien vu ni rien entendu, tout le monde croyait que la victime était juste endormie.
L'homme était dessinateur industriel pour la Société Gnome et Rhône, spécialisée dans les moteurs d'avion. Une personne sans histoire, discrète, gentille et travailleuse, voilà ce que découvre d'abord le commissaire Bornec. Puis rapidement l'enquête s'essouffle, pas de piste, pas d'ennemi connu, pas de motif évident justifiant un assassinat. Ne trouvant rien, Bornec va profiter de ses accointances avec Gabriel Funel, journaliste à L'Humanité, pour tâter le terrain du côté des ouvriers de la Société Gnome et Rhône et des immigrés italiens travaillant dans les nombreuses usines de la région parisienne.
Car la seule chose qu'il ait découvert d'intéressante, c'est que le mort avait une mère italienne qu'il adorait et qu'il était fier de cette origine. Cette piste ténue va l'emmener pour de longs mois d'enquête, bénéficiant de la contribution du journaliste et de Camille Dubois, une ancienne ouvrière travaillant elle aussi pour L'Humanité.
Je n'ai pas lu le premier tome de cette série se consacrant essentiellement à la montée du Front Populaire, à cette France ouvrière luttant pour obtenir plus de reconnaissance et de droits. Mais on peut lire facilement ce roman sans savoir ce qu'il s'est passé avant, tout est bien présenté, expliqué. On n'est pas perdu par les relations entre les personnages et le contexte les liant. L'arrière-plan historique est très intéressant, la lutte ouvrière et la répression policière, la montée des fascismes en France et en Europe, le réarmement des anciens ennemis, l'immigration italienne avec ce que cela implique pour les Italiens dans une France parfois hostile à leur présence.
J'ai aimé cet aspect de l'histoire, c'est très documenté, et rend hommage aux oubliés de l'histoire, ces ouvriers qui ont fait la force de l'industrie française, ces immigrés nécessaires mais pas toujours bien accueillis ni reconnus. On redécouvre le contexte international de l'époque avec l'inquiétude des français face aux discours hostiles d'Hitler et les tensions avec l'Italie qui montre les muscles et tente de conquérir d'autres territoires en Afrique.
En ce qui concerne l'enquête policière, c'est une autre histoire. Pas de rebondissement à profusion, pas de suspense haletant, c'est plutôt plat et au bout du compte sans grand intérêt. Pourtant quelques personnages sont atypiques et auraient mérité une intrigue plus soutenue développant leurs personnalités. J'ai eu l'impression que pour Alexandre Courban, l'intrigue policière est plus un prétexte pour parler du contexte politique français des années trente et développer son histoire autour du journal L'Humanité. Quant aux personnages principaux, j'ai eu un peu de mal à m'y attacher à part peut-être pour Camille qui a un peu plus de consistance et d'émotions.
Une bonne intrigue historique mais pas un grand policier.
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