En 1967, Hannah et Judith deviennent amies. Elles n'ont que six ans et entre elles c'est une évidence : ce sont des âmes sœurs. Leurs mères se rendent compte de leur attachement et favorisent leur amitié. D'autant plus que Rita, la mère d'Hannah, ayant choisi de faire un bébé toute seule, est mal considérée. Elle travaille dur et se sent seule. Tout comme Inge, celle de Judith, promise à un avenir brillant à Leipzig qui a dû tout quitter pour la carrière de son mari. Elle regrette son poste enthousiasmant, leur logement agréable. Elle voit en Rita une compagne d'infortune.
Mais en cette période de guerre froide, alors que le mur se dresse et les confine à Berlin Est, un ennemi vient se dresser entre les deux familles : Peter, le mari d'Inge. Cadre de la Stasi, il n'autorise aucun écart qui pourrait lui porter préjudice. Que son épouse côtoie une mère célibataire non mariée est inenvisageable. Par voie de conséquence, les deux filles, maintenant adolescentes, n'ont plus le droit de se voir.
Cette amitié est le fil rouge de ce roman, qui est une plongée dans le Berlin Est des années soixante à quatre-vingt, avant la chute du mur. L'atmosphère est triste et sombre, avec son lot de méfiance, de soupçons, de délations, de rationnements et de privations. Judith devient amie de Karl, un jeune homme un peu plus âgé qu'elle, qui exerce sur elle une emprise sournoise car elle n'est pas ostensible. Mais on la perçoit. Il n'a pas une vie facile non plus, lui qui se débrouille en faisant du marché noir et vit avec un père religieux mal aimant. Un père qui fait preuve de résistance face à la Stasi.
L'histoire d'amitié entre les deux filles et la description du quotidien dans l'Allemagne est intéressante, avec des personnages principaux et secondaires qu'on a envie de suivre et de connaître. Tant et si bien qu'il y a à vrai dire un goût de trop peu. L'essentiel est raconté avec des évènements marquants mais on les aime bien Hannah et Judith, on aimerait savoir ce qu'il se passe dans les creux. Pour autant, il s'agit de considérer l'œuvre telle que Benjamin de Laforcade a voulu nous la proposer. Berlin pour elles est un roman d'atmosphère. Et après tout, c'est réussi car à la fin de la lecture, l'atmosphère est bien ce qu'il reste le plus de notre lecture.
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