Johnny Clem a neuf ans et en cette année 1861 il s'ennuie chez lui à Newark. Sa mère est morte il y a peu et sa belle-mère ne le supporte pas, alors Johnny rêve d'ailleurs. Mais c'est alors que quelques États du sud décident de faire sécession et de quitter l'Union. Lincoln mobilise les hommes et décide de combattre cette Confédération. La foule enthousiaste accueille cette nouvelle, prête à en découdre avec les Sudistes et à leur donner une bonne leçon.
Emporté par cet engouement, Johnny s'est enfin trouvé un but, il rejoint les volontaires pour s'engager. Tout d'abord refusé et moqué, il va s'accrocher à une troupe de soldats, rendre de multiples services et finir par devenir leur mascotte. Sa rencontre avec un tambour d'un autre régiment va changer son destin. Il devient tambour et va participer à la bataille de Shiloh où il y gagnera son surnom de Johnny Shiloh. C'est après ça qu'il devient enfin un soldat et qu'il obtiendra la gloire lors d'une autre bataille en abattant un colonel confédéré qui voulait le tuer.
Nommé sergent, il devient une légende pour l'Union, un exemple pour les hommes.
Ce personnage est assez extraordinaire, volontaire à neuf ans, sergent à treize ans, il est devenu un héros national, un symbole de l'engagement pour le président Lincoln qu'il vénérait. Cette bande dessinée nous montre cette ascension mais aussi l'envers du décor. Les carnages des batailles de la guerre de Sécession, les amis perdus, les traumatismes des blessés et survivants et la peur omniprésente d'y laisser sa peau. Mais aussi cette haine viscérale entre le Sud et le Nord, laissant encore des traces aujourd'hui. En lisant cette aventure, on ne peut penser qu'à la situation actuelle aux États-Unis, cette société fracturée en deux et ces partis qui ne se parlent plus.
Ses faits d'armes ne sont pas nombreux et l'on comprend que ce sont l'armée et les journalistes qui ont glorifié cet enfant afin d'utiliser son image. Ceci finira d'ailleurs par se retourner contre eux. On peut louer le courage de ce gamin, qui affrontera les balles sur les champs de bataille, mais avait-il pleinement conscience de ce qu'il se passait ? Cette bande dessinée ne nous l'apprend pas.
Le style des dessins est plutôt classique et l'histoire manque d'un peu de souffle. On sent que les auteurs ont hésité sur la façon de raconter le destin de Johnny Clem, partagés entre raconter la vie d'un personnage incroyable et l'absurdité d'engager un enfant sur les champs de bataille et de le montrer en exemple. Cela aurait été aussi intéressant de suivre sa vie plusieurs années après la guerre, pour voir comment cela a impacté sa vie.
Toutefois, cette histoire nous en apprend beaucoup sur le contexte du déclenchement de la guerre et les premières batailles, ainsi que sur l'état d'esprit des belligérants.
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