Les Terriens ne sont pas seuls dans l'univers. Et comme ils sont loin d'être aussi avancés que leurs voisins extraterrestres, la Terre est plus ou moins devenue un colonie de Lekthwa. Certains Terriens apprécient les progrès apportés, d'autres regrettent le temps de leur indépendance. Roy Barch fait partie de ces derniers, et s'il est employé de maison du commissaire lekthwan Tkz Maerkl-Elaksd, il n'apprécie pas pour autant les Lekthwans, hautains et supérieurs envers les Terriens qu'ils considèrent globalement comme des sauvages primitifs.
Pourtant, Komeitk Lélianr, la fille de son employeur, est vraiment une femme magnifique, et Roy ne résiste pas à l'envie de l'inviter à passer la soirée avec lui. La belle accepte par curiosité anthropologique. Les Klau, d'autres extraterrestres ennemis des Lekhtwans, profitent de leur rendez-vous pour attaquer. Par un enchaînement de circonstances, Roy et Komeitk se retrouvent emmenés tous les deux comme esclaves sur la planète Magarak, où le seul destin qui les attend est de trimer en tant que forçats jusqu'à épuisement total.
Komeitk accepte la situation avec résignation, mais Roy ne l'entend pas de cette oreille : il va tout faire pour s'évader et rentrer chez lui ! En commençant par sauter du vaisseau pour échapper aux griffes des Klau, atterrissant en pleine nature sur Magarak...
La chance sourit aux audacieux : porté par un dynamisme qu'il estime propre aux Terriens, Roy fait preuve d'acharnement, ne se laissant jamais abattre et surtout gardant toujours en vue son objectif. Roy est entreprenant, il prend tous les risques et n'hésite pas à secouer les puces des autres fugitifs parmi lesquels il a trouvé refuge, pour construire un vaisseau spatial qui leur permettra d'échapper à la planète prison.
Initialement publié en 1952, le roman est caractéristique des pulps de cette époque : un space opera bourré d'action et d'aventure, au rythme effréné, avec un héros qui prend des décisions rapides et ne se laisse pas aller, mais qui a également une chance assez insolente. L'auteur met en œuvre des extraterrestres variés, certains proches de l'espèce humaine (comme les Lekthwans, biologiquement compatibles), d'autres un peu plus éloignés (comme les Klau aux yeux étoilés), sur une toile de fond exotique.
Petit travers dû à l'âge : le personnage féminin principal ne fait que de la figuration, servant de trophée au mâle le plus fort sans résister outre mesure. Certes, cela est présenté comme lié aux caractéristiques des Lekthwans, très passifs, mais les autres femmes du groupe de fugitifs ont un comportement similaire, totalement effacées.
On apprécie par contre la réflexion sous-jacente sur la colonisation et l'esclavage : la Terre est sous la coupe d'extraterrestres méprisants qui tiennent les rênes de l'économie, les Terriens sont devenus dépendants des technologies extraterrestres, ne produisant plus de progrès indigènes ; sur Magarak, la situation est encore bien pire, puisque les esclaves n'y sont que de la main d'œuvre jetable, condamnés à travailler dans des conditions atroces jusqu'à la mort sans perspective d'évolution ou même de la moindre considération. Deux formes de domination qui n'ont finalement que faire des peuples "inférieurs", même si l'une est plus violente que l'autre.
Ce roman avait précédemment paru en français sous le titre La planète des damnés (1984), mais il bénéficie ici d'une nouvelle traduction intégrale signée Pierre-Paul Durastanti. A noter que le traducteur nous livre également une préface fort intéressante remettant l'œuvre en contexte.
Cette réédition est une belle occasion de redécouvrir un auteur majeur de l'Âge d'or de la SF, avec un court roman tout à fait divertissant.
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