Fils d'un banquier new-yorkais, Newland Arrow s'enfuit après le décès de sa mère. Malmené dans la rue par de jeunes garçons plus pauvres, il parvient à s'échapper vers la gare où il monte dans un train pour les semer. Là, il rencontre Arizona Joe, un hobo qui comme d'autres vagabonds profite des trains de marchandise pour parcourir des kilomètres.
Arizona Joe prend le gamin sous son aile. Il lui apprend la vie de hobo, celle des hommes qui prennent la route pour trouver du travail, gagner un peu sa croûte avant de repartir vers d'autres horizons. Une vie d'errance sans mendicité. En ce qui concerne Arizona Joe, un peu de rapine tout de même apprise auprès de son bandit de père. Le temps de quelques jours, Newland se sent bien dans cette vie auprès de son bienfaiteur. Jusqu'à ce que les circonstances le ramènent à New York.
Sept ans plus tard, en 1883, l'enfant a grandi. C'est un jeune homme tout en muscles, qui n'a pas oublié Arizona Joe et sa force au combat quand il fallait en venir aux mains. Newland aime se battre et saisit les occasions de participer aux combats clandestins. Tout en essayant de ne pas déshonorer son père et de tenir son rang, le jeune homme ne peut nier sa nature, plus proche de l'homme libre et aventurier que celle de l'homme d'affaires engoncé dans son costume.
Newland est un personnage attachant, coincé dans son statut de fils Arrow mais on le sent prêt à saisir la possibilité de prendre son propre élan dès qu'elle se présentera. Sa rencontre avec Arizona Joe a laissé une empreinte indélébile en lui, il l'a révélé à lui-même. Le reste n'est que compromis et faux-semblants. Parviendra-t-il à écouter sa nature fougueuse, graphiquement rendue visible dans la couleur feu de ses cheveux ? La seule véritable touche de couleur de cet album aux tons majoritairement sépia et bruns, qui ancrent l'album dans une atmosphère de fin XIXème siècle.
Avec un esthétisme plein de charme, l'histoire nous transporte dans cette époque du New York d'antan, aux côtés des plus riches comme des plus pauvres. Et notre Newland au milieu qui tente de tirer son épingle du jeu. Ce premier tome du diptyque est riche et intéressant, vivement la suite.
Cette page est une version simplifiée pour les robots. Pour profiter d'une version humaine plus conviviale, cliquez ici.