Petit livre idéal d'une centaine de pages qui permet de vous accompagner lors d'un voyage en train (ou à pieds) et de découvrir de nouveaux auteurs à travers des extraits piochés dans certaines de leurs oeuvres.
Répartis en trois chapitres distincts, "J'irai dans les sentiers", "Sur les chemins de la pensée" et "Quelques sentiers mythiques", on marche dans les pas des plus grands (George Sand, Arthur Rimbaud, Jean Giono, Élisée Reclus, Henri-David Thoreau, Robert Louis Stevenson, John Muir...) au rythme de leurs mots.
À vingt ans, ça va sans dire que lire Rousseau c'était, pour ma part, subir un peu les élucubrations d'un vieux monsieur. À presque quarante, relire Les Rêveries du Promeneur solitaire c'est percevoir une sensibilité et des réflexions qui font davantage écho aux miennes ("il y a plus de réminiscence que de création...") et touchent quelque chose d'intime avec cette crainte viscérale d'avoir été "fait pour vivre" et de mourir "sans avoir vécu".
La force de l'âge de Simone de Beauvoir fut un émerveillement, un véritable coup de coeur qui m'a emporté avec elle lors de ses excursions autour de Marseille, de Cassis à La Ciotat ou dans l'arrière-pays méditerranéen à travers la plaine d'Aix, la crète de Sainte-Victoire ou encore la chaîne du Pilon du Roi. Une ode à la liberté, au courage et à la simplicité avec des mots tout en émotion, véritable force de cette femme qui refusait que la vie n'eut d'autres volontés que les siennes.
Dépaysante et toujours aussi chantante, j'ai pourtant moins apprécié la verve de Jean Giono ou celle de Xu Xiake, plus ancienne et moins accessible. Mais cette variété d'extraits m'a permis de relire Sur les chemins noirs de Sylvain Tesson suivi par Bivouac de Gabrielle Filteau-Chiba, qui n'ont eux pas pris une ride.
On traverse ainsi les époques, avec quelques allers-retours dans le temps et des nouvelles qui varient aussi dans leurs inégalités de longueurs. Je suis un peu restée sur ma faim avec la dernière intitulée Deuxième jour où l'on puise dans le carnet de route contemporain d'Alix de Saint-André cheminant allègrement sur le chemin de Compostelle dont le texte se termine abruptement avant de nous laisser nez-à-nez avec la page des sources de tous les extraits cités dans le livre.
Quoiqu'il en soit, ce panel permet de belles découvertes littéraires et m'a donné envie de poursuivre certaines lectures. Et pourquoi pas de s'en inspirer pleinement pour prolonger des idées de déambulations et clôturer ainsi en beauté l'été !
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