Le récit est la trame du monde Mirandus. Les chapitres s'enchaînent, mais reprennent toujouts la même histoire : le Ténébreux s'éveille, une force du mal qui met le royaume à feu et à sang ; alors s'éveille également le Destiné, héros de la Lumière, qui combat l'ennemi maléfique avant de l'éliminer, inéluctablement. La paix règne jusqu'à la génération suivante, qui voit s'ouvrir un nouveau chapitre où la même histoire recommence avec de nouveaux personnages.
Sur notre Terre, Paul Tanasin est un jeune homme solitaire et troublé, traumatisé par des visions violentes récurrentes, et toujours accompagné par son fantôme personnel : Nikka, qui affirme être sa soeur bien qu'aucun des deux n'ait de souvenir en ce sens. Suite à l'apparition d'un chevalier de Mirandus, Paul bascule dans ce monde qui lui est inconnu.
Paul découvre vite qu'il est la nouvelle incarnation du Ténébreux, même s'il ne comprend pas bien tous les tenants et aboutissants. Pourquoi ? Lui qui ne veut de mal à personne, comment est-il possible qu'il endosse ce rôle ?
L'album fait des allers-retours entre la Terre et Mirandus, qui ont des liens profonds avec des personnages qui passent d'un côté à l'autre. Difficile au début de voir vers où on va. D'un côté, on a Paul, qui voit régulièrement son psy sans oser lui raconter toutes ses étrangetés ; sa mère, avocate brillante qui défend les indéfendables ; le collègue de celle-ci, pas aussi ordinaire qu'il n'y parait... De l'autre, on a un roi chroniqueur, qui souhaite laisser le récit se dérouler à son rythme ; un ancien Destiné, qui souhaiterait au contraire l'orienter différemment ; une princesse fougueuse qui rêve de défaire elle-même le Ténébreux... Les liens entre tous ces gens mettent du temps à s'éclaircir, mais on comprend vite que dans ce chapitre quelque chose a un peu déraillé. Le récit ne suit pas les rails tout tracés qu'il emprunte habituellement.
C'est complexe, mais bien agencé, chaque pièce se mettant en place à mesure, chacun trouvant son rôle. Les personnages ne sont ni tout blancs ni tout noirs bien qu'ils appartiennent au camp de la Lumière ou des Ténèbres, et cela donne une intrigue toute en profondeur qu'on a plaisir à suivre.
Par contre, je n'ai pas trop aimé les dessins. Les décors sont chouettes (quand il y en a), les couleurs saisissantes, mais les visages des personnages font vraiment grincer des dents, sans parler des harnachements des diverses montures, dont on ne comprend pas bien comment les éléments peuvent tenir entre eux.
L'histoire n'est pas terminée et il faudra attendre la suite pour savoir comment tout cela va se terminer.
Création de l'univers : Sanderson, Brandon
Scénario : Lanzing, Jackson & Kelly, Collin
Dessin : Gooden, Nathan
Colorisation : Russell, Kurt Michael
Lettrage : Andworld design
Traduction française : Guillot, Sébastien
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