Marianne n'avait que vint ans et elle est morte, dans des circonstances aussi douces que tragiques, dans les bras de son amoureux. Pour son entourage, la nouvelle est un choc. Il va falloir faire le deuil et outrepasser les sentiments qui les traversent : tristesse, colère, doutes. Chacun va s'y prendre à sa façon. Beatrix, la meilleure amie de Marianne, une jeune fille qui a déjà dû affronter des épreuves. Liam, le frère de Marianne, qui ne peut s'empêcher d'essayer de savoir quels étaient les dernières pensées de sa sœur. Leurs parents, divorcés, dont la relation va se transformer avec cette tragédie.
Les années passent et la quête reste. À quoi pensait Marianne ? Qui était cet amoureux qu'ils n'ont pas connu ? Comment était sa vie d'étudiante à Paris ? Pourquoi sa chambre était-elle si vide ? Pourquoi Beatrix et elle s'étaient-elles éloignées ?
Le roman va démêler les fils aux côtés des personnages, traversés de doute. On va apprendre à les connaître et à se rapprocher de Marianne, alors même qu'elle avait des zones d'ombre. Isabelle Sorente décrit le quotidien qui continue, les existences des vivants qui suivent leur route, un caillou dans la chaussure. Le récit est enchâssé dans celui de l'écrivaine recluse dans une maison isolée en bord de mer, qui écrit cette histoire, avec sa Muse dans la pièce. Une Muse qui la guide et la distrait à la fois. Cette partie du récit est déroutante et même si on comprend mieux à la fin du roman pourquoi elle est là, cette mise en abyme apparaît quelque peu superflue.
Les destins de chaque personnage sont intéressants mais il plane sur le récit une couche de féminisme trop présente, avec une impression générale que les femmes sont systématiquement victimisées et corsetées. Même l'homme le plus affectueux et prévenant ne peut pas avoir le beau rôle puisqu'il est à l'origine de la mort de Marianne. Les nombreuses références à la mythologie apportent un éclairage instructif mais à mon sens cela ne sert pas forcément l'intrigue.
En définitive, l'histoire est intrigante et plaisante à lire mais ses atours alourdissent le rythme et ne jouent pas en sa faveur.
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