En 1743, une femme s'enfuit avec son bébé pour les sauver tous les deux d'un mari tyrannique et mégalomane. Acculée, la femme saute dans les eaux tumultueuses. Elle périt. Pas l'enfant, qui est trouvé et recueilli par Guillaume-Paulin Valdéran de Langres. Ce noble vit seul avec sa nourrice, dans une grande demeure à l'écart des autres. Car il n'est pas en odeur de sainteté et est devenu un bandit qui détrousse ceux qui le méritent. Il ne sait pas d'où vient l'enfant ; mais il sait qu'il ne peut pas l'abandonner à son triste sort. Lui et Bérangère vont s'occuper du petit.
Cependant, le baron de Lazes, l'Ogre comme on l'appelle, tant son appétit de la chère et de la chair est grand, ne compte pas en rester là. Sa femme est morte, il en est sûr. En revanche, il n'y a pas de cadavre pour l'enfant. Il va alors tout mettre en œuvre pour le retrouver, quitte à mettre la région à feu et à sang. C'est un sanguin, un sanguinaire même, que seule sa mère austère sait refroidir.
Lorsque Guillaume-Paulin comprend qui est l'enfant, il sent que le danger se rapproche. Il réalise aussi que, malgré les craintes de Bérangère et de Justine, venue seconder la nourrice, il faut protéger le petit. D'autant plus qu'il doit bien l'admettre, il s'y est attaché.
Le fils de l'ogre se lit d'une traite. Il a la densité et l'intensité d'un roman d'aventures, déployant des péripéties autour d'un scénario solide et captivant. Guillaume-Paulin est charismatique et fascinant, lui qui fait figure de héros malgré ses méfaits. Car on s'en rend compte à l'aune de son entourage et des motivations, il y a un grand cœur derrière la main qui tient le pistolet. Le suspense va grandissant, alimenté par un secret gardé dans le château de l'ogre qui entretient une atmosphère de mystère.
Les illustrations d'Eric Stalner servent à merveille le récit, avec de très beaux dessins, dans des mises en scène diverses allant du grand angle au détail qui nous permettent de nous immerger totalement dans l'histoire.
Cette bande dessinée est une bonne surprise. Elle offre un moment de lecture très agréable, prenant. Elle est présentée comme une histoire complète mais la fin peut laisser envisager une suite. Si tel était le cas, ce serait un plaisir de retrouver Guillaume-Paulin et sa suite.
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