Friday est une jeune étudiante qui revient dans sa ville d'enfance pour les vacances de Noël. Kings Hill est une petite cité de la Nouvelle-Angleterre, la somme des souvenirs de Friday. Dont Lance fait partie. Lancelot Jones est la raison qui l'a fait adorer son enfance à Kings Hill et qui l'a poussée à en partir pour faire des études dans une grande ville.
A son arrivée à la gare, sous les premiers flocons de la saison, ce sont Lance et le shérif qui l'accueillent. Pas d'accolade. Pas d'embrassade. Même pas un bonjour. Lance est sur une mission. Pour ce job de l'Avent, Friday reprend son rôle : c'est elle qui arrête le maniaque en train de graver un sceau obscur en psalmodiant au cœur de la forêt. Joyeux Noël !
Jones & Fitzhugh, agence de détectives. Spécialisation : paranormal et aide à la communauté. Dans le duo, Friday est la violence et Lance, l'intelligence. Pour deux ados hors du moule, c'est un bon moyen de gagner de l'argent de poche et de se faire respecter.
Friday est un récit fantastique se découpant en trois volumes, tous parus et disponibles en librairie. Brubaker, un scénariste que j'apprécie beaucoup pour ses polars noirs (avec Phillips au dessin), s'est lancé dans cette série en souhaitant s'amuser avec un style qui le branchait quand il était enfant : les enquêtes et aventures mystérieuses menées par des adolescents ou jeunes adultes. Pour vous faire une idée du résultat, imaginez Scooby-Doo sous stéroïde et le Club des cinq à la recherche du Nécronomicon.
Comme dans Criminal ou Kill or be killed, Brubaker développe une histoire sensible et accrocheuse. L'atmosphère nostalgique qu'il installe berce immédiatement le lecteur enthousiaste que j'ai été. Dans la même veine, les deux personnages principaux se révèlent attachants dès les premières images et me font penser à des connaissances.
Leurs traits sont justement représentés par les dessins de Martin. Les formes des personnages sont un peu particulières, avec des silhouettes longilignes et des têtes angulaires. On n'est pas dans du photoréalisme à la manière de Phillips mais ce choix graphique des auteurs paye. On s'y fait en deux cases et cela permet de s'accrocher encore plus à des personnages hors du commun, qui mettent en valeur des décors merveilleusement réussis. L'environnement fourmille de détails, brille par sa clarté et sa chaleur malgré la neige qui tombe. On entendrait presque les flocons tomber sur les toits victoriens de Kings Hill.
Gardez bien en tête mes premières remarques sur le style du récit. Brubaker et Martin jouent sur la nostalgie de ces vieilles histoires, comme les gamins de Stranger things, de Ca ou d'un des nouveaux Ghostbusters, voire se relient sur certains aspects à Harry Potter, aux nouvelles de Lovecraft ou au Signal de Chattam. J'apprécie ce genre. Sans doute pour la même raison que l'auteur (avec quelques dizaines d'années d'écart, quand même) : j'étais bon client pour ces histoires en étant enfant.
Enfin, cet album se lit très bien en musique. Après avoir essayé des morceaux d'époque (Led Zeppelin, Black Sabbath ou de la Motown funky), je me suis rabattu sur du Cradle of filth pour magnifier le maléfique de l'atmosphère.
C'est beau. C'est agréable. C'est envoûtant.
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