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Underground - Maruo, Suehiro

Mots clés : chronique avis manga seinen tokyo travail mangaka theatre difficulte jeunesse

Sachiko et Migeru, qui sont de la même famille, sont tout juste fraichement arrivés à Tokyo. Venus tout droit de leur campagne par le biais d’une embauche groupée, ils sont persuadés que la ville va être pour eux un vrai départ dans leur nouvelle vie. Mais si Shachiko s’est très vite habituée à sa nouvelle vie citadine, il n’en va pas de même pour Migeru qui peine un peu.

En effet, Migeru rêve de devenir mangaka, et en plus des petits boulots qu’il décroche, il prend des cours du soir pour rattraper ses lacunes scolaires. Dans son cours, il est intrigué par Nagayama, un garçon mutique et mystérieux qui vient tout juste d’être élu délégué de la classe.

Sachiko, elle, en plus de son travail à l’usine, vit dans une petite chambre qu’elle loue en échange de poser pour les lubies artistiques de son propriétaire. Sans en informer Migeru, car elle craint qu’il ne comprenne pas qu’elle puise faire ce genre de choses pour gagner de l’argent.

Le rêve de Migeru vacille face à toutes les embuches qui jalonnent son parcours. Sa première œuvre est refusée quasiment partout, et il enchaîne les petits boulots, qu’il perd aussitôt.

Autour d’eux, un milieu underground tourbillonne, la jeunesse veut se révolter et la pauvreté est le lot quotidien de beaucoup de leurs connaissances. Entre l’exaltation du moment et le découragement, le passage à l’âge adulte se révèle très compliqué.

J’avais découvert Suehiro Maruo avec Tomino la maudite et je suis restée assez fascinée par son style à la fois décadent et stylisé. Jouant avec les codes underground, Suehiro nous plonge dans le Japon des années 60, quand tout semblait à la fois possible et impossible. Ses personnages sont toujours loin d’être lisses, ce sont plus des « freaks » que des « normies » et ils se débattent dans les galères du quotidien, et leurs aspirations profondes. 

Migeru est le cas typique du mangaka qui veut réussir, mais qui ne comprend pas que son style et ses histoires doivent coller aux lignes éditoriales des magazines où il rêve d’être publié. Sachiko, elle, se débat entre sa morale et son besoin d’argent, entre son envie de liberté et les liens qu’elle garde encore avec sa mère, qui ne fait que lui réclamer des sous dès qu’elle la voit. 

Comme pour Tomino la maudite, les cases sont bourrées de clins d’œil et de références pop culture. Et l’auteur ne se prive pas d’un humour grinçant, et de piques acérées en direction de ceux qui pensent que l’art doit être engagé (la scène avec le clochard ivre et nu m’a beaucoup fait rire par exemple).

Un très bon one-shot pour les fans du genre.

Editeur : Casterman
Lien présentation éditeur : https://www.casterman.com/Bande-dessinee/Catalogue/underground/9782203291003
Année de publication : 2026
Année de 1e publication VO : 2021
Année de 1e publication VF : 2026
Nombre de pages : 208
Traducteur : Slocombe, Miyako
ISBN 13 : 978-2-20329100-3
ISBN 10 / ASIN : 2203291001
Prix : 22
Devise : €
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