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Billy The Kid : l'histoire est toujours écrite par les vainqueurs - Chenet, Alexandre & Sécheresse, Loïc

Mots clés : chronique avis bande dessinée bd européenne far west hors la loi cow boy biographie sheriff cheval

Billy n’a que dix-sept ans quand il arrive dans le sud du Nouveau Mexique. L’endroit est plutôt rude et, très vite, il est engagé par Evans, un homme qui s’occupe de « remettre de l’ordre », comme il dit. Billy se retrouve à rechercher des vaches « égarées » pour les mettre en sécurité. Mais juste le temps que la marque de leur propriétaire légitime disparaisse.

Plus tard, Evans le présente à Tunstall, le fils d’une famille aristocratique anglaise, qui vient de s’installer à Lincoln. Billy va donc travailler pour le jeune homme, jusqu’au moment où celui-ci va se faire tuer lors d’une guerre de territoire commerciale. 

Le procès qui s’ensuit condamne Billy à la pendaison, mais la condamnation n’est pas appliquée et le jeune homme ressort libre du tribunal, pour presque aussitôt être à nouveau impliqué dans le conflit qui oppose Dolan et les hommes de Tunstall. Billy arrive à convaincre ses amis mexicains de se joindre à la bataille, et il s’ensuit une scène d’anthologie qui se termine par un incendie et la fuite de Billy et des camarades (qui n’ont pas signé pour être rôtis vivants).

Je ne vais pas résumer toute l’histoire, on sait comment elle se termine. A vingt-deux ans, Billy se fait descendre par Pat Garrett, le sheriff du comté de Lincoln, et il entre dans la légende car celui-ci écrit un livre (enfin, au moins un chapitre) sur la vie de Billy dans le roman The Authentic Life of Billy The Kid.

C’est en apprenant que ce livre a en grande partie été écrit par un journalise qu’Alexandre Chenet décide d’écrire l’histoire de Billy The Kid en se plaçant d’un autre point de vue. Pas de ceux à qui l’histoire profite, ni du côté des moralisateurs, mais en nous proposant un Billy plus accessible, très humain et même contemporain malgré le siècle qui nous sépare de lui.

Les auteurs le disent eux même, pendant une bonne partie du récit, Billy est plutôt passif. Il se laisse porter par les événements, mais c’est ce côté humain « normal » qui le rend attachant et provoque l’empathie envers le personnage et son destin. Loin du monstre sanguinaire et à la gâchette facile dont on nous a raconté les sanglants exploits, on découvre un jeune homme somme toute sympathique, conscient de sa place dans la hiérarchie du comté et de la bande où il est intégré, et qui se lie d’amitié aussi bien avec les Mexicains qu’avec ses semblables. 

Le cadre de l’histoire — les querelles financières, qu’elles soient pour des terres ou du bétail — remettent en perspective la vie du Kid. Même s’il est loin d’être un ange, il aurait servi de bouc émissaire et ce n’est que dans les derniers mois de sa vie qu’il aurait réellement basculé dans la violence en faisant usage de ses armes.

La BD alterne entre planches très verbeuses, avec beaucoup de dialogues ou des en têtes de chapitres explicatifs, et d’autres très contemplatives, où le dessin se suffit à lui-même. J’ai adoré l’utilisation des couleurs et de l’aquarelle et même si je ne peux pas placer cette BD dans mes coups de cœur de l’année, elle est en très bonne position car j’ai vraiment aimé la découvrir et la lire.

Editeur : Casterman
Lien présentation éditeur : https://www.casterman.com/Bande-dessinee/Catalogue/billy-the-kid/9782203243750
Année de publication : 2026
Nombre de pages : 240
ISBN 13 : 978-2-203243750
ISBN 10 / ASIN : 2203243759
Prix : 28
Devise : €
Illustration principale

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